04/10/2012

Fini l'été : les abeilles ont aussi leur rentrée

Finie l’estive, les rhododendrons et les framboisiers sauvages … avec le Canigó comme horizon !  Les abeilles sont de retour à Nidolères.
 

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A l'instar des troupeaux, les abeilles de Michel Barcelo, apiculteur, viennent d’effectuer elles aussi leur transhumance : La trentaine de ruches, vient de regagner Tresserre et le domaine viticole Sainte Lucie de Véronique Poulvet à Nidolères. 
 
Opération peu connue du grand public, le déménagement des ruches est pourtant répandu. A la manière des bergers, la transhumance de Michel déplace en mai, les colonies à Marialles pour un en été à la fraîche, et en septembre, les ramène à Tresserre, pour un hiver en douceur et l’arrivée du printemps.
 
Ces opérations existent depuis la motorisation et l’amélioration des voies de communication. Le voyage s’est effectué de nuit, les ruches simplement arrimées et sanglées à la remorque du 4x4 de l’apiculteur...  On aurait imaginé davantage de précautions et un système plus sophistiqué !
 
Au petit matin, les abeilles ont aussitôt repris leur travail en changeant simplement d’environnement : Landes, bruyères blanches, oliviers, vergers, amandiers …  seront leur quotidien.
 

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Des terroirs différents pour des miels typés 
 
Quelques jours avant le grand départ, Michel Barcelo a procédé à la récolte du miel. En collant ainsi au plus près de la densité de floraison, l’apiculteur optimise son rucher et pourra obtenir 2 à 3 récoltes par an. 
Ce changement de terroir lui permet aussi de réaliser des miels « mono floral » et de s’adapter aux goûts nouveaux des consommateurs : Exit le traditionnel miel « toutes fleurs » ! La  mode est à la dissociation des gouts et des textures. Bref les palais attendent désormais toute une palette de miels aux identités différentes et bien typées.
 
L’apiculteur explique : 
 
« Le choix de cet emplacement ne s’est pas fait au hasard ! Je connais les pratiques de Véronique Poulvet et sa conduite raisonnée de la vigne. Cela fait plus de 5 ans, que j’y installe mes ruches : le minimum de désherbant et d’insecticides… c’est déterminant dans mon choix d’implantation ».
 
Il ajoute : 
« Mes ruches sont finalement toujours en mouvement ! Plus qu’un vendeur de miel, je me considère d’abord comme un éleveur d’abeilles : la gestion du cheptel, l’anticipation de la mortalité, la multiplication ou le remplacement des colonies, le suivi sanitaire des ruches m’obligent à une présence de chaque instant ». 
 
Pour Véronique, qui prête à l’apiculteur quelques ares de ses parcelles de vignes, la présence des abeilles plus de huit mois par an, au cœur de son vignoble, ne présente aucun intérêt sur sa production car la vigne est autoféconde. Pour elle, aider Michel, c’est d’abord un état d’esprit basé sur l’entraide, c’est raisonner « global ».
 

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Entrer dans l’hiver, bien au chaud, et attendre l’explosion du printemps 
 
Butiner encore et encore ! Les abeilles vont maintenant et jusqu'aux premiers froids, récolter le pollen de l’inule visqueuse, qui prolifère en plaine, depuis l’arrachage des vignes.  A raison d’un rayon de 3 à 4 km autour de leur ruche, elles vont se constituer quelques réserves supplémentaires pour affronter l’hiver, dans la tiédeur de la ruche. Le printemps apportera ensuite le faste et l’abondance des pollens.
Cette année la météo sèche et les risques d’incendie en plaine, ont poussé Michel Barcelo à retarder leur descente en plaine : pourtant en quelques semaines, ses quelques 400 ruches devront trouver une place au soleil…
 
DSC_3700.JPGAu travers de l’Union Syndicale Apicole du Roussillon, Michel Barcelo et ses confrères regroupés dans cette organisation, portent le projet de création d’une « marque départementale », qui pourra valoriser les miels élaborés à partir de la diversité des terroirs des Pyrénées-Orientales (mer, montagne, plaine…) et leur typicité.
 

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