23/04/2014

Gourmandises et traditions : Pas de Pâques sans bunyetes

Évoquer avec les anciens, les fêtes gourmandes et familiales, c’est forcément remonter dans le temps et se remémorer des souvenirs forts.

La préparation des bunyetes pour Pâques, fait assurément partie de ces moments de convivialité. Loin de l’image d’Epinal, il reste encore quelques familles, qui perpétuent ce rituel culinaire.

Rencontre avec Jocelyne entourée de sa famille.

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Ailleurs, on l’appelle oreillettes, merveilles, bugnes …  mais chez nous, en Roussillon, c’est la bunyete ! Ce beignet tout simple est LE dessert du jour. C’est sûr, ce dimanche encore, elle clôturera le traditionnel repas pascal, avec omelette et gigot d’agneau.

 

Une journée de travail bien remplie pour Jocelyne

Sur le pas de la porte, l’arôme de la fleur d’oranger et le zeste râpé du citron vous accueillent et titillent déjà votre narine. Dans sa cuisine, Jocelyne a préparé la pâte ce matin, et pétri les quelques 5 kg de farine en y intégrant tous ses ingrédients : une trentaine d’œufs, presqu’un kilo de beurre, le levain et les arômes.

La recette de Jocelyne n’a rien d’extraordinaire. Elle la tient simplement de sa mère, et vous la retrouverez sur n’importe quel blog à la mode, spécialisé en cuisine. Ne cherchez pas non plus la trace d’un livre de cuisine, chez Jocelyne, la recette n’a jamais changé. Préparer les bunyettes ne s’improvise plus.

Le temps de la matinée, le levain a opéré, patiemment : Sa pâte à quasiment doublé de volume, et c’est à partir de ce gros pain, que chacun s’apprête maintenant à découper de plus petits morceaux pour façonner sa galette.

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C’est dans la vieille maison d’en face que tout le monde s’est retrouvé. Dans la cuisine presque trop petite, tout le monde est déjà au travail : sa sœur Gisèle, sa belle-fille Marie et ses petites filles Manon et Eva.

Même son mari Jean-Pierre est prêt à sacrifier la première mi-temps de l’USAP, espère terminer avant le coup de sifflet final.

C’est maintenant que l’affaire se complique car le secret d’une bunyete réussie réside dans le geste : Ici on étire la pâte patiemment, longuement, le plus finement possible sur le genou, comme toujours et le rouleau à pâtisserie restera cette année encore bien rangé au fond du placard ! Pour cette étape essentielle, tout le monde s’y colle.

Pour la cuisson, le grand saut dans la bassine d’huile bouillante se fait d’un lancer sûr, le temps de cuisson est précis : « juste ce qu’il faut pour donner du croustillant et conserver le moelleux ».

Pour la famille au grand complet, ce rituel de cuisiner ensemble ne peut se concevoir qu’à Pâques : « La préparation des bunyetes est la vraie dernière tradition familiale que nous avons conservée. Avant on tuait et préparait le cochon, on organisait aussi le repas de fin des vendanges ».

Autant de réunions entre tradition et plaisir d’être ensemble qui ont disparu.

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Après l’effort, le réconfort

Puis vient le temps des premières pauses, le prétexte pour les gourmands de goûter les premières bunyetes. On ne sait jamais …

Et si vous vous hasardez à demander ce que serait Pâques sans bunyettes, la réponse tombe, implacable : « On ne sait pas ; nous n’y sommes jamais arrivés. En fait, nous  n’avons jamais essayé ! ».

Les fêtes de Pâques marquent la fin du carême, mais pour Jocelyne et sa famille, la démarche ne revêt pas un caractère religieux. C’est bien la tradition et le rituel de se retrouver qui motive tout le monde et la fierté de transmettre un savoir faire.

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Ce soir, chacun repartira avec son panier bien garni. Quant à la date limite de consommation, personne ne s’en inquiète vraiment. Ces bunyetes là, n’auront pas le temps de rancir. Dans quelques heures, elles seront à classer au rayon des souvenirs gourmands … Pour en déguster de nouvelles, il faudra patienter l’année prochaine

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