04/08/2014

Des plantes aromatiques dans nos friches agricoles

A la Station viti-vinicole, les professionnels agricoles expérimentent « grandeur nature » de nouvelles cultures originales : Peut-être des alternatives nouvelles à la déprise viticole.

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Lavandes, romarins, thyms… nos garrigues méditerranéennes offrent de nombreuses plantes sauvages, à qui sait les reconnaitre. Des essences rustiques, toutes simples, mais aussi de véritables pépites, pour nos grands-mères ou les cueilleurs du dimanche, qui savent les utiliser à bon escient.

En version séchée pour la filière des tisaneries ou sous forme d’huiles essentielles utilisées en cosmétique, aromathérapie, ou encore en parfumerie…  les plantes à parfum, aromatiques ou médicinales intéressent aussi les professionnels agricoles :


« Elles représentent un marché en développement » nous assure, Nicolas Mansouri, technicien de la Chambre d’Agriculture du Roussillon. Une situation suffisamment rare pour que des « tests grandeur nature » soient réalisés ici en Roussillon, et pour que demain, peut être, des agriculteurs se lancent dans leur culture.

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« Le département de la Drome possède de nombreux producteurs et une filière déjà bien organisée : fort de cette réussite, nous testons ici à Tresserre la culture du thym Linalol, sur une ancienne friche viticole de 6000 m². Notre objectif principal est de vérifier, si la culture peut aider à la diversification viticole, valoriser les friches, mais aussi générer un complément de revenu agricole. Concrètement, nous comparons deux techniques de culture : La première, est celle utilisée en Provence ; à savoir, des rangées serrées, espacées à 1,70 m. pouvant générer d’avantage de rendement à l’hectare. La seconde parcelle est plantée plus large, à 2,20 m. C’est donc  moins de rendement, mais mieux adapté à nos outils et engins viticoles. Dans ce second cas, les investissements en matériel et au démarrage seraient moindres.


Nous enregistrons aussi les temps d’entretien des parcelles, tout au long du cycle de la plante. En bio notamment, car les débouchés sont meilleurs et la filière plus porteuse ».

Une piste parmi d'autres


In-situ, ces essais-là contribueront à vérifier si la culture du thym et des plantes aromatiques, répond à une efficacité économique et un potentiel de revenu agricole, véritables bases à de futurs exploitants :

« Nous posons les jalons de ce qu’il faudrait faire. Ces essais ne sont pas l’unique solution à la déprise agricole et viticole, mais nous expérimentons des pistes parmi d’autres, comme la culture de semences potagères … par exemple ».

D’ici la fin de cet été, ces plans de thym, mis en terre en avril dernier, formeront un cordon bleuté, bien dense et très odorant. La plante a une durée de vie entre 7 et 12 ans. Ces feuilles pourront être récoltées mécaniquement dans dix-huit mois. Cet automne, 6000 m² supplémentaires seront, cette fois-ci, plantés en lavande maillette.

Et qui sait, peut-être qu’un jour, nos coteaux arrachés prendront des couleurs provençales.

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Ces essais de cultures sont réalisés à la Station viti-vinicole gérée par le CIVR et la Chambre d’Agriculture du Roussillon, en partenariat avec l'Enseignement agricole du département : A Rivesaltes, l’exploitation agricole du lycée possède aussi une parcelle en culture. A Théza, un alambic permettra, à partir de l'an prochain, de transformer les premières récoltes. Le Conseil Général des PO et FranceAgriMer participent au financement, en lien également avec le SAPPPAM des PO (Syndicat Agricole des Producteurs de Plantes à Parfum Aromatiques et Médicinales).

07:58 Publié dans vigne | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

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